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Veille, surveillance, espionnage, flicage ou…glissement sémantique progressif.
--> Quel terme(s) pour le métier de veilleur ?

Notre profession (j'entends professionnels de la veille, notamment sur internet) souffre d'un problème d'appellation. En 1992,  le pubard Jacques Seguela écrivait "Ne dites pas à ma mère que je suis dans la publicité, elle me croit pianiste dans un bordel".
Devra-t-on bientôt écrire "Ne dites pas à ma tante que je fais de la veille, elle me croit Trader dans une banque d'affaires" ?

Déjà méconnu, bientôt méprisé ?
Vous êtes-vous déjà confronté à la question rituelle d'amis, de votre famille : "et tu fais quoi comme travail " ?
"Je travaille dans la veille".
Au mieux, on vous demande de préciser, souvent on vous imaginera gardien de nuit avec un gros toutou.

En 2003, le rapport Carayon avait contribué, à travers l'Intelligence économique, à faire parler des métiers de la veille stratégique. Mais déjà à l'époque, la nomination de Alain Juillet, Haut responsable chargé de l'intelligence économique, avait provoqué des commentaires très orientés. Ainsi, Force Ouvrière évoquait un gouvernement qui valorisait "l'espionnage".

Depuis 2003, a-t-on progressé ?
La nomination de Nicolas Princen, jeune veilleur de l'Elysée, au printemps dernier, a "bénéficié" d'une forte médiatisation (j'y ai participé en m'esquintant un peu)
) et a suscité quelques  remous. Il avait été alors affublé de diverses appellations imagées : œil de Sarkozy, espion, Big brother…et son travail étiqueté comme flicage, fichage….(je "passe" sur les allusions douteuses à certaines périodes passées de la France).
Tout ce buzz négatif a finalement germé autour d'une activité déjà assurée par 3 personnes dès 1995 sous Jacques Chirac.

En novembre 2008, l'appel d'offre par l'Education Nationale pour le renouvellement d'une Veille d'opinion, relance le "débat" et suscite des réactions encore plus nombreuses que la nomination de Nicolas Princen, réactions tout aussi en décalage avec la réalité des pratiques de veille. Celles-ci existent depuis 2006 au Ministère de l'Education Nationale. Cette mission précise de veille internet de veille pour l'opinion est d'ailleurs assuré par l'agence i&e décision, partenaire et client de Digimind. Et pourtant, de nouveau, un nuage de mots clés "policiers" et paranoïdes fleurit : flicage de profs, repérage des récalcitrants, surveillance des fonctionnaires, peut-on lire sur les blogs et dans la presse...
Toujours cette incompréhension sur le rôle de la veille et sur ce que l'on peut en faire ou pas. Un confrère qui expliquait comment, en surveillant les blogs de consommateurs, il aidait les entreprises à mieux communiquer, s'était même fait taxé de "salaud" et de "manipulateur".

Le veileur écoute le buzz et le gazouillis de l'opinionSurveillance…
Voilà peut-être le principal problème : sur internet, pour désigner la veille des multiples conversations en ligne, qu'elles émanent d'une organisation ou d'un particulier, on parle de surveillance (sur-vè-llan-s', n.f), à l'instar de la fonction des réseaux de caméras du métro ou du Parc des Princes.

Heureux anglais et américains.
Chez eux, pour évoquer le contrôle des individus, on parle aussi de "surveillance" (ser-vey-luhns : close observation of a person suspected of being a spy or a criminal). Mais le métier de veille n'est pas étiqueté de la même manière. On parle depuis des lustres d'Intelligence, puis de Competitive Intelligence, puis de Monitoring avec l'arrivée des sources internet à…surveiller.

Zut, ce terme est un piège. Alors, ne faudrait-il pas organiser un gigantesque remue-méninge (brainstorming, oui), afin de se débarrasser de ce mot trop évocateur ?

Déjà, on parle de plus en plus d'observation, d'écoute, d'analyse. Le franglais Monitorer serait-il un bon remplaçant ou figure t-il trop la courbe de l'électrocardiogramme?

Il y a bien Scanner mais ne tombe-t-on pas encore dans le médical ou dans les nouveaux portiques "déshabilleur" des portiques d'aéroports ?

Renforcé par l'intérêt de plus en plus croissant des agences de communication pour les pratiques et outils de veille, le terme de buzz s'est fortement développé. On écoute le buzz…C'est mignon, animalier, printanier, champêtre bref plus inoffensif que la surveillance…Tout est communication, hein : L'Education Nationale lance un appel d'offre pour une prestation d'écoute du bourdonnement de l'opinion…
On pont continuer dans le pastoral : les flux d'informations internet stars de 2008 émanent d'un outil qui gazouille : la plateforme de microblogging Twitter qui fait cui-cui comme Titi mais en version originale.

Donc oui, le métier de veilleur n'est pas qu'un monde de brutes. Il y a de la place pour la poésie, mais, bon sang, ne parlons plus de surveillance….Reste à trouver Le Mot pour dire que… " l'on va éplucher les babillages du web les plus relevants" comme dirait un confrère canadien.

 Christophe ASSELIN [intelligence-center.com] / Digimind France - Digimind Competitive Intelligence USA 

Ecrit par slide68 , le Lundi 15 Décembre 2008, 22:59 dans la rubrique "Ressources".

Commentaires :

christophe
16-12-08 à 08:55

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OF - Recyclage : De l'affaire Otor vs Carlyle en particulier et de l'hypocrisie : "Je note aussi une certaine résonnance de cet article avec le dernier billet (d'humeur) publié par Christophe Asselin sur Influx."

 
christophe
16-12-08 à 15:02

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